Le miracle finlandais dans l'éducation : réalité ou utopie ?

La France est la mauvaise élève du classement PISA, en 26ème position et avec un système inégalitaire. La Finlande est classée 5ème, première des nations européennes, juste après les pays asiatiques en haut du podium. Mais contrairement aux asiatiques souvent critiqués pour privilégier la réussite au dépend du bonheur (le Japon, 2e du PISA, est aussi le pays où les élèves vivent le plus mal leur scolarité), la Finlande ne met pas de côté le bien-être des étudiants. 

Les raisons de ce succès ?

  • Les personnes enseignantes sont bien payées, leur métier est valorisé et la voie pour y accéder est très sélective. Le niveau de qualification est élevé et homogène. 

  • Les professeurs finlandais bénéficient d'une grande autonomie pédagogique pour adapter les programmes rédigés par le Conseil National de l'Education. Concrètement, ils peuvent enseigner les mathématiques en additionnant la théorie et les expériences concrètes, en multipliant les projets basés sur l'apprentissage entre pairs, afin de développer les savoirs mais aussi des compétences comme l'empathie, l'écoute, la créativité.

  • L'école finlandaise a pour mission de former les élèves à être des citoyens du 21ème siècle, responsables et humains, avec un" personal and social health curriculum" intégré à partir de 7 ans. 

  • La technologie ?  Les écoles sont équipées et l’innovation est de facto plus présente dans les classes, puisque le professeur est libre d'en faire usage.

Résultats : les performances sont élevées, le niveau de confiance des élèves également, les écarts entre les différentes écoles et classes sont faibles et les niveaux moins dépendants du milieu social.

On y était !

La semaine dernière, Educapital se rendait à Helsinki pour participer au jury des starts ups de l’accélérateur xEdu et à l’évènement tech Arctic.

L'Edtech finlandaise se structure autour d'acteurs bien identifiés par l’écosystème :

  • HundrED croit à la scalabilité de l’Education. La mission de cette organisation, fondée il y a 3 ans, est de mettre en avant et de diffuser à l’échelle mondiale, les innovations qui transformeront l’Education à grande échelle. 100 innovations technologiques et pédagogiques – depuis Dublin jusqu’à Kabul, Moscou ou Singapour - sont sélectionnées chaque année selon 3 critères de sélection : Innovation, Impact, Scalabilité.
  • XEdu, l’un des premiers accélérateurs edtech - accompagne les jeunes entrepreneurs dans leur phase d’accès au marché et d’internationalisation. Il s’appuiera bientôt sur EduImpact, un véhicule d’investissement Impact.
  • Sans oublier bien sûr les start ups dont certaines ont déjà une renommée internationale : la filière Edtech est une des plus importantes de la scène Tech finlandaise. 

Ce qui caractérise ces sociétés :

  1. Elles croient à l’international. Les jeunes sociétés finlandaises exportent leur produit souvent dès la phase pilote : les innovations sont expérimentées dans des écoles en Finlande, mais aussi en Asie et dans le Golfe. Parce qu’elles n'ont pas le choix si elles veulent grandir car elles ne peuvent pas se contenter de leur marché local.
  2. Elles exportent et diffusent leur savoir-faire pédagogique en développant des plateformes de formation des professeurs (comme Koulu), ou de partage de ressources et de méthodes (comme Fun Academy).
  3. Elle proposent un contenu engageant pour une éducation plus immersive, et mettent au point des outils de gamification (Seppo), des plateformes de jeux éducatifs pour les professeurs (Teacher gaming).
  4. Elles adressent le sujet du phonomenon based learning, ou l’apprentissage par l’expérience, qui fait partie intégrante du curriculum, en utilisant des technologies comme l’imprimante 3D (Grib), la réalité augmentée (3D Bear), ou la programmation (Mehackit)
  5. Elles proposent de former des citoyens, de développer des compétences comme l’humanité et l’intégrité, en produisant des contenus qui permettent aux élèves d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure (Lyfta).