Educapital réunit 45 millions d'euros pour les jeunes pousses de l'edtech

Ce nouveau fonds de capital-risque est dédié à la question de l'éducation et de la formation professionnelle. Il accompagnera entre quatre et cinq pépites européennes par an.

65 % des élèves actuellement en primaire exerceront un métier qui n'existe pas encore. Et 90 % des capitaux injectés dans les edtech, sur un total de 9 milliards d'euros, le sont aux Etats-Unis et en Chine. Ces deux chiffres à eux seuls justifient que l'écosystème français s'empare enfin de la question du financement des start-up qui peuvent révolutionner, sinon améliorer la formation initiale ou professionnelle.

Jusqu'à présent, et à de rares exemples près, les jeunes pousses du secteur peinaient à trouver des fonds à la hauteur des enjeux, et Marie-Christine Levet, fondatrice de Lycos et notamment ancien PDG de Club Internet, a souhaité inversé cette tendance en créant Educapital, un fonds dédié aux edtech d'un montant de 45 millions d'euros : « C'est un secteur sous-investi car les start-up avaient du mal à travailler pour l'Education nationale. Nous allons aider une quinzaine d'entre elles à obtenir la force de frappe et les capacités nécessaires pour répondre aux appels d'offres. » Pour les accompagner, deux femmes : Marie-Christine Levet donc, et Litzie Maarek, ancienne directrice d'investissement chez bpifrance et membre du conseil d'administration de jeunes pousses comme Withings ou Sigfox.

Un secteur porté par la formation professionnelle

Un duo exclusivement féminin, une rareté notable dans le monde du capital-risque. Elles s'appuieront sur le réseau de leurs financeurs pour accélérer la croissance des pépites, qui comprend par exemple Hachette Livre, la famille Leclercq (Decathlon), bpifrance, Econocom, Bayard ou Xavier Niel, et pourront injecter des tickets allant de 150.000 à 5 millions d'euros si nécessaire.

Mais attention, Educapital ne se limitera pas aux jeunes pousses qui s'adressent à l'Education nationale. Le spectre est bien plus large et s'étend à tous les aspects de la formation continue, comme l'explique Marie-Christine Levet : « C'est du côté de la formation professionnelle que se situe la majeure partie du marché. Avec pour ambition de permettre à chacun d'apprendre de manière personnalisée et continue, y compris depuis son téléphone portable. » Si l'Europe est le deuxième marché mondial des dépenses liées à l'éducation, elle ne représente en revanche que 8 % des investissements dans l'edtech. Et la France compte un certain retard sur ses voisins.

250 milliards de dollars en 2020

Le fonds veut accompagner entre quatre et cinq start-up chaque année, avec environ un tiers d'entre elles en provenance d'autres pays européens. Elles peuvent avoir développé une technologie, une plate-forme de mise en relation, voire créé une école. « Les sujets sont nombreux, évoque la fondatrice d'Educapital. Prenez l'exemple du décrochage du marché du travail, qui concerne 110.000 personnes chaque année en France. Cela coûte 230.000 euros pour s'occuper de chacune d'entre elles, et il y a de multiples moyens de leur permettre de retrouver un emploi. » Une piste que ne manqueront pas de suivre les entrepreneurs appâtés par le marché de l'edtech, qui représenterait déjà 180 milliards de dollars cette année et devrait croître jusqu'à 250 milliards en 2020.