Educapital, un fonds pour investir dans les startup de l’éducation

Dire que l’éducation est une priorité est probablement le marronnier de chaque rentrée scolaire. Mais pour propulser les projets et les start-up de l’éducation, des fonds sont nécessaires. Educapital est un fonds d’investissement qui a décidé de soutenir financièrement les entreprises spécialisées dans l’éducation et la formation. Dirigé par deux femmes, le fonds doté de 47 millions d’euros a notamment misé sur Magic Makers, une entreprise qui propose des ateliers de formation au code informatique dès le plus jeune âge.

Ce lundi matin, 12 millions d’élèves reprenaient le chemin de l’école. En cette journée de rentrée scolaire, zoom sur Educapital. Lancé fin 2017, le fonds d’investissement européen doté de 47 millions d’euros ambitionne d’accompagner une petite vingtaine de start-up spécialisées dans l’éducation et la formation professionnelle.

« De nombreux métiers vont disparaître… et beaucoup d’autres vont être créés », anticipe Marie-Christine Levet, fondatrice d’Educapital. Pour lier le geste à la parole, le fonds de capital-risque mise sur le code informatique : en juin dernier, Magic Makers, la structure de Claude Terosier qui propose des ateliers de code informatique aux enfants dès 6 ans, a levé trois millions d’euros auprès d’Educapital, de Kima Ventures, d’Alter Equity et d’Econocom.

En février dernier, Educapital annonçait s’associer à Paris Région Venture Fund pour un investissement de 1,1 million d’euros dans Appscho, une start-up spécialisée dans les solutions mobiles pour l’enseignement supérieur.

Au total, le fonds d’investissement souhaite accompagner trois grandes groupes d’entreprises : celles qui proposent des solutions pour les enfants, celles pour l’enseignement supérieur, et celles tournées vers la formation professionnelle.

Faire émerger des champions français de la Edtech

A la tête d’Educapital, deux femmes : Marie-Christine Levet et Litzie Maarek. Cette dernière est ancienne directrice d’investissement chez Bpifrance. La première a participé au lancement du moteur de recherche Lycos dans les années 1990 avant de diriger Club internet et 01Net. En 2010, elle se tourne vers le capital-risque et participe avec Marc Simoncini à la création du fonds Jaina Capital qui a notamment soutenu made.com, oui.car, La Ruche qui dit oui et Devialet. « Le soir, je rentrais chez moi et je constatais que l’école était en grand retard sur la numérisation »,raconte-t-elle. L’entrepreneure, et désormais investisseuse, en est persuadée : « l’innovation viendra des jeunes entreprises ».

Pour fonder Educapital, Marie-Christine Levet est partie du constat suivant : « dans la Edtech, 90% des capitaux investis proviennent des Etats-Unis et de la Chine. En Europe, il n’y avait rien. Or, je veux voir émerger des champions français de la Edtech. »

En dix ans, vingt investissements sont prévus. « La France compte plus de 360 start-up de la EdTech pour 3 000 en Europe, nous n’avons pas à rougir », ajoute Marie-Christine Levet. Selon une étude du cabinet CB Insights, les levées de fonds dans le secteur de la Edtech, au niveau mondial, aurait dépassé les 10 milliards de dollars.  

Principal frein en France, l’accès au marché. « Nous avons un système gratuit et de bonne qualité, mais de plus en plus inégalitaire », déplore-t-elle. « Nous voulons mettre à disposition des enseignants ce que permet le numérique. »

Après ces deux premiers investissements, dans AppScho et dans Magic Makers, Educapital se concentre sur la sélection des prochaines pépites. Critères de choix : l’équipe, l’innovation pédagogique, l’usage et le business model. « Nous voulons que cela apporte du sens. »